samedi 11 février 2012

Sur les traces de Guillaume en Angleterre


Jour 1 : Hastings
Départ de votre établissement le matin ou la veille si nécessaire, selon votre région d’origine. Traversée vers l’Angleterre et route pour Hastings avec arrêt à Canterbury ou Brighton. Dîner et nuit.









Jour 2 : Battle - Hastings ou Pevensey
Découverte du site de Battle où Guillaume le Conquérant remporta la bataille du 14 octobre 1066 sur le Roi Harold. Déjeuner pique-nique. Rallye-découverte d’Hastings (fourni par VEFE), puis visite du Smugglers Adventure & 1066 Story avec un audio-visuel sur la bataille d’Hastings ou excursion à Pevensey Bay, où Guillaume le Conquérant a accosté et fait construire un château Normand. Dîner et nuit.



Jour 3 : Londres
Journée d’excursion à Londres : visite de l’Abbaye de Westminster où Guillaume le Conquérant fut couronné le jour de Noël 1066. Déjeuner pique-nique. Mini-croisière sur la Tamise, puis visite de la Tour de Londres dont la Tour Blanche fut commandée par Guillaume le Conquérant en 1067, puis retour vers la France.

vendredi 10 février 2012

La Fabuleuse Épopée - Sur les traces de Guillaume le Conquérent

9 septembre 1087 - LETTRE D'OUTRE-TOMBE
Voilà déjà 4 ans que ma douce Mathilde s’est éteinte et aujourd’hui nous sommes réunis dans l’au-delà. Elle repose dans l’Abbaye de la Sainte Trinité tandis que mon tombeau se trouve à l’Abbaye Saint Etienne. J’avais ordonné la construction de ces deux édifices dans la ville de Caen pour avoir le pardon du Pape suite à notre mariage proscrit. Pour ma part, j’aurais souhaité une mort plus glorieuse. C’est une blessure accidentelle qui a eu raison de moi au retour d’une bataille contre Philippe 1er. Mais qu’importe, il était temps pour moi de céder la place et de ne plus subir la folie des hommes et la jalousie des puissants. À l’image de ma vie, même ma mort ne fut pas de tout repos. Le rapatriement même de ma dépouille à Caen fut perturbé par deux fois. Depuis, je repose dans cette même Abbaye en espérant que mon histoire passionne encore aujourd’hui. Après tout, ne suis-je pas le dernier homme de l’histoire qui soit parvenu à envahir l’Angleterre ?

14 Juillet 1077 - LA DEDICACE DE BAYEUX
Je suis ému. Lors de la consécration de la nouvelle Cathédrale de Bayeux sous la présidence de l'archevêque de Rouen, mon demi-frère, Odon de Conteville, évêque de la ville, a exposé la Tapisserie de Bayeux également nommée Telle du Conquest. Réalisée en Angleterre sous son égide, cette broderie rend hommage à ma grandeur lors de la bataille de Hastings et mon couronnement en l'Abbaye de Westminster. Imaginez une fresque longue de 69 mètres dédiée à ma gloire ! Elle est magnifique ! Puisse-t-elle traverser le temps pour témoigner de ces années de conquête et devenir l'un des joyaux de notre fabuleux patrimoine normand.

25 Décembre 1066 - APPELEZ MOI GUILLAUME, ROI D'ANGLETERRE
Comme l'a souhaité Harold, Dieu a rendu son jugement et aujourd'hui je suis couronné roi d'Angleterre en l'Abbaye de Westminster. Pourtant, la vraie conquête de l'Angleterre commence ici et ne se terminera qu'en 1070. Je dus une fois de plus faire face à une situation particulière. Mon statut de roi d'Angleterre ne pouvant être contesté, il ne convient guère au roi de France Philippe 1er. Pour lui et les Capétiens, le simple vassal des territoires normands ne peut disposer d'autant de pouvoir et ils commencent déjà à me chercher noise. Qu'importe, j'ai déjà eu maille à partir avec d'autres ennemis autrement plus coriaces.

14 Octobre 1066 - BATAILLE D'HASTINGS, LA GRANDE BATAILLE
Quelle bataille ! Quelle fougue ! Je dois reconnaître que les anglais furent braves mais au final, nous avons gagné la couronne ! Au petit matin, l'occupation par l'armée saxonne de la colline de Senlac leur apportait un avantage défensif et laissait présager une lutte délicate. Leurs premières lignes formaient un mur de boucliers infranchissable. Ce sont les bretons qui attaquèrent les premiers ces combattants d'élite que sont les housecarles mais rien n'y fit et notre attaque bretonne tourna rapidement à la débâcle. C'est là que les anglais firent une grande erreur. Au lieu de rester campés sur leur position, ils pourchassèrent les fuyards, abandonnant la cohésion de leur mur et le fragilisant. Je lançai alors une charge éclair de ma cavalerie restée en retrait et me débarrassai d'une grande partie des anglais présents sur le champ de bataille. Par la suite, après moult assauts repoussés de nos chevaliers normands, les anglais finirent par fatiguer. Ce fut le moment pour nos fantassins de partir à l'assaut de la colline, soutenus par le tir nourri de nos archers. Meurtris sur tous les fronts, les saxons furent submergés et se replièrent, laissant mon rival Harold de Wessex, mort à cause d'une flèche dans l'oeil. La bataille se termina réellement à la nuit tombée à la suite d'une embuscade désespérée de la part des housecarles. Ce fut la plus longue journée de mon existence mais nous avons remporté la bataille d'Hastings et bientôt je serai Roi d'Angleterre.

1066 - CONQUÉRIR LA COURONNE D'ANGLETERRE
Je suis en Angleterre. La Normandie n'a peut-être jamais connu de période aussi paisible et prospère, mais je suis en Angleterre pour laver mon honneur. Mon cousin, le roi Edward, m'avait élevé sur le pavois en me désignant comme son successeur avant sa mort et le seigneur Harold, comte de Wessex, qui avait fait le serment d'honorer sa volonté s'est approprié la couronne. Je ne suis pas surpris. Bien évidemment je suis déçu par cette nouvelle traîtrise mais je commence malheureusement à accepter la trahison comme une coutume des puissants.
J'ai donc dressé une armée pour partir à la conquête de l'Angleterre. Harold s'étant parjuré, j'ai obtenu la bénédiction du pape Alexandre II qui, ayant excommunié le félon, m'a témoigné son soutien en me faisant parvenir l'étendard de Saint Pierre ainsi qu'une relique que je garderai autour du cou jusqu'à la victoire.
En un peu plus de 6 mois, une expédition forte de près de 700 navires et de 7000 hommes dont des normands, des bretons, des flamands, des combattants d'île de France et même des barons autrefois rebelles, fut prête à partir à la fin de l'été de l'an 1066. J'ai pris la tête de cette flotte à bord du Mora, mon vaisseau amiral offert par Mathilde mais nous fûmes malheureusement retardés par un vent violent qui brisa plusieurs embarcations et nous fit perdre de nombreux et valeureux compagnons d'armes.
Après avoir réorganisé notre corps de bataille et réparé les avaries, nous attendîmes les vents favorables sur la plage de Saint Valéry sur Somme et avons finalement accosté en terre anglaise le 29 septembre 1066 au matin.
à notre arrivés, nous fûmes accueillis par des émissaires d'Harold nous sommant de quitter l'île. J'avais envie de le décapiter mais proposai néanmoins de régler ce différend par l'intermédiaire de juridictions compétentes ou, afin de préserver la vie de milliers d'hommes, de me mesurer à lui en combat singulier. Sa seule réaction fut de décliner mon offre et de s'en remettre au jugement de Dieu. à nous deux Sir Harold !"

1057 - MA BATAILLE DE VARAVILLE
Je n'aurai décidément de repos que lorsque mes ennemis seront tous passés de vie à trépas...
Henri Ier, toujours tourmenté par mon pouvoir, a décrété qu'il fallait envahir ma terre de Normandie. Geoffroy Martel et lui ont réuni leurs forces à Angers afin de me faire vaciller. Je dois avouer que c'était bien pensé. Leurs milliers d'hommes en route vers Caen paraissaient impressionnants face à mes centaines de chevaliers mais ma volonté fut inébranlable et ma tactique imparable. Pour regagner Caen, ces intrigants devaient franchir les marais de la Dives, inondés en cette saison. Alors tandis qu'ils firent chemin vers la seule route possible entre Varaville et Périers, j'étais déjà embusqué dans les bois de Bavent avec mes hommes, soutenus par les paysans du voisinage. Le 22 mars avant l'aube, alors qu'ils étaient bien engagés sur la fameuse route, nous leur avons barré la route de telle manière à ce que leur seule issue fut le pont de bois sur la Dives qui croula sous le poids de leur panique, entraînant dans les eaux hommes, chevaux et chariots. Que la France entière sache désormais que la Normandie est imprenable et que je massacrerai quiconque tentera de me causer tracas !

1054 - LE TEMPS DES COMPLOTS
Quel affront que d’être trahi par ses alliés… Ce scélérat d’Henri – mon parrain !, lui qui m'avait ceint de l'épée de chevalier ! – il a fait cause contre moi ! La montée en puissance de mon duché, suite à mon mariage avec Mathilde de Flandre, l’inquiétait et il craignait de devoir partager son pouvoir. Il a pris parti pour mon oncle Guillaume de Talou, qui s’est allié à mon pire ennemi, le comte d’Anjou Geoffroi Martel et aux barons rebelles pour m’envahir ! Ces gueux avaient en tête de m’attaquer sur deux fronts normands au Nord et au Sud et de se réunir à Rouen en une seule et même puissance pour mieux me battre. J’ai relevé le défi et j'ai marché contre le roi. En même temps j'ai lancé mon fidèle Gauthier contre les soudards commandés par le prince Eudes. Il les a débusqués à Mortemer, ivres et gavés de pillages, et les a taillés en pièces. J'ai fait porter la honteuse nouvelle à Henri, qui dès lors s'est retiré piteusement sans livrer bataille ! Jamais plus je ne les laisserai me piétiner ! Foi de Guillaume !“

1053 - MON MARIAGE AVEC MATHILDE
Mathilde de Flandre et moi sommes mariés ! Cette union fut délicate car le Pape Léon IX s'y était opposé en raison de notre consanguinité au cinquième degré. Toutefois, cette union étant trop importante pour mon duché, nous avons fini par échanger nos voeux. J'espère que Mathilde sera une épouse aimante et m'offrira une belle lignée ! Je veux au moins 10 enfants ! Pour l'heure, je songe tout de même à faire quelque chose pour contenter le Saint Père.







1047 - MA PREMIERE VICTOIRE A VAL-ES-DUNES
20 ans. L'âge de toutes les audaces et je suis prêt à conquérir le monde ! Il y a quelques mois ces fourbes de barons ont tenté de m'assassiner à Valognes pour m'écarter du pouvoir au profit de mon cousin Gui de Brionne. Heureusement, leur tentative fut vaine et je pus me réfugier à Falaise. Aujourd'hui, j'ai enfin vaincu les rebelles ! Tous ces "vieux normands" traditionalistes et hostiles à toute réforme vont désormais se plier à mes règles ! Cette bataille à Val ès dunes fut un triomphe ! Une victoire que je partage avec mon protecteur et ami, Henri 1er, roi de France. C'est lui qui, selon le droit féodal, m'a apporté assistance après le complot de Valognes, lui-même qui m'a accordé le soutien de nombreux hommes pour vaincre les rebelles. Je peux enfin savourer mon règne en tant que duc de Normandie...

1035 - APPELEZ MOI MONSIEUR LE DUC
J'ai 8 ans et j'accède déjà au duché de Normandie. Un rôle bien imposant pour un garçon de mon âge et pourtant, mon père m'ayant reconnu, aucun obstacle ne me barre la route si ce n'est certains barons qui se font déjà des gorges chaudes de ma nomination.
J'aurais aimé mieux connaître mon père Robert Le Magnifique. Il était un grand guerrier et j'aurais été fier de combattre à ses côtés. Lorsqu'il mourut, il revenait alors d'un pèlerinage à Jérusalem et je sais que dorénavant, il me guidera avec l'aide de Dieu.



1027 - ON M'APELLE GUILLAUME LE BATARD
Je déteste ce surnom et je rêve déjà du jour où j'aurai des titres plus glorieux ! Mais qu'y puis-je ? Mon père, Robert, Duc de Normandie et ma mère, Arlette, fille de tanneur à Falaise forment un couple illégitime et nombreux sont ceux qui ne cautionnent pas leur union. On dit de mon père qu'il fut un homme courageux, cultivé et généreux, qualités qui lui valurent, après sa mort et la mienne, le titre de "Robert Le Magnifique". étant son seul fils, c'est à moi que revint l'immense honneur d'être son héritier et de pouvoir porter la couronne ducale. J'espère toutefois que mon illégitimité ne me causera pas moult problèmes. En attendant de faire face à mon destin, je grandis à Falaise, la ville qui m'a vu naître.

Guillaume Ier le Conquérant

Guillaume I le Bâtard
Guillaume le Conquérant naviguant vers l'Angleterre
Guillaume le Conquérant naviguant vers l'Angleterre
(Falaise ? vers 1028-Rouen 1087), duc de Normandie [Guillaume II] (1035-1087) et roi d'Angleterre (1066-1087).

Cet article fait partie du DOSSIERconsacré au Moyen Âge.

 Un héritier sous tutelle
Fils illégitime du duc Robert Ier le Diable, Guillaume est reconnu comme héritier légitime du duché de Normandie par les barons normands, réunis en 1034, à la demande de son père en partance pour un pèlerinage à Jérusalem. Encore enfant, il est placé sous la tutelle de Gilbert de Brionne (un petit-fils de Richard Ier de Normandie). Puis, lorsque celui-ci est assassiné au cours de la révolte féodale qui suit l'annonce de la mort du duc (qui survient en Anatolie, en juillet 1035), Guillaume passe sous la tutelle de l'instigateur de cet assassinat : Raoul de Gacé.

 Guillaume, duc de Normandie
Après douze ans d'anarchie sanglante en basse Normandie – période au cours de laquelle Raoul de Gacé renonce à défendre le Vexin français et le château de Tillières-sur-Avre, assiégé en 1036 par le roi de France Henri Ier –, le jeune duc de Normandie prend en main le gouvernement de sa principauté.
   Presque aussitôt, Guillaume doit faire face à une révolte de ses vassaux de basse Normandie, animée par son rival Gui de Brionne (fils de Renaud Ier de Bourgogne et petit-fils, par sa mère, du duc de Normandie Richard II). Craignant que le succès de Gui de Brionne n'entraîne la constitution d'une principauté normando-bourguignonne fatale au domaine royal, le roi Henri Ier accorde son aide féodale à son vassal Guillaume le Bâtard.
   Ainsi vainqueur de la bataille du Val-ès-Dunes en 1047, le duc de Normandie confisque une partie des biens des rebelles, tels ceux des vicomtes du Bessin et du Cotentin ; dans le même temps, il contraint un grand nombre d'entre eux à recevoir des garnisons ducales dans leurs châteaux ; à tous, enfin, il impose le respect de la paix de Dieu, qu'il proclame à Caen en 1047 avec l'aide d'un clergé dont il choisit avec soin les dignitaires (ne nommant, en particulier à la tête des monastères qu'il fonde, que des adeptes de la réforme clunisienne).
   Ayant acquis l'appui de la papauté par cette politique, Guillaume affirme sa position parmi les grands féodaux en épousant vers 1053 Mathilde, fille du comte de Flandre Baudouin V. Ce mariage est l'un des éléments d'une politique dynamique, qui vise à étendre son autorité au-delà des frontières de la Normandie, dont il transfère la capitale de Falaise à Caen (où il fait ériger le château ducal).
   Guillaume dispose d'une importante armée grâce à l'institution de fiefs de haubert en faveur de chevaliers contraints à un service d'ost très strict (quarante jours). Il resserre en outre son alliance avec le roi Henri Ier pour écarter le puissant et dangereux comte d'Anjou, Geoffroi Martel, auquel il reprend Alençon avant d'occuper Domfront en 1049.
   En 1058, il fait reconnaître sa suzeraineté par le comte du Maine Herbert II, avant d'en annexer la principauté en 1062 et de s'y maintenir par la force en 1073 et en 1084. Mais, entre-temps, il est devenu roi d'Angleterre.

 Guillaume, roi d'Angleterre

 La conquête de l'Angleterre
La conquête de l'Angleterre par les Normands
La conquête de l'Angleterre par les Normands
Cousin germain du roi anglo-saxon Édouard le Confesseur, qui lui a probablement offert sa succession en 1065 par l'intermédiaire de l'archevêque de Canterbury, Guillaume est, en outre, parvenu à se faire prêter serment de fidélité quelques semaines plus tard par son compétiteur Harold, chef du parti anglo-saxon.
   Cependant, le 6 janvier 1066, lendemain même de la mort d'Édouard le Confesseur, Harold est proclamé roi d'Angleterre sous le nom d'Harold II. Guillaume exploite aussitôt ce qu'il juge être un parjure de l'earl saxon (thème central des Gesta Guillelmi ducis de Guillaume de Poitiers et de la tapisserie de Bayeux) et obtient l'appui du pape Alexandre II.
   Son expédition, partie de Saint-Valery-sur-Somme, débarque à Pevensey (Sussex) le 29 septembre 1066. Le 14 octobre, à labataille d'Hastings, il vainc les troupes d'Harold II, lequel trouve la mort au combat. Guillaume, « le Conquérant », est finalement couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster, le 25 décembre de la même année.
   Afin d'asseoir son pouvoir, Guillaume Ier doit briser en décembre 1067 la révolte du Kent, puis en 1068 celles des partisans du défunt Harold à Exeter et à York, et en 1069 celle des Anglais du Nord, qui reconnaissent comme roi Edgar Atheling (ou Aetheling). Le nouveau roi d'Angleterre pratique dans les comtés du Humber et de la Tyne une politique de terre brûlée qui incite à la soumission le Yorkshire en 1069, le Shropshire en 1070 et qui conduit le roi d'Écosse Malcolm III, attaqué sur son territoire, à renoncer à soutenir Edgar Atheling en 1072.

 La réorganisation de l'Angleterre
Imposant à ses troupes une sévère discipline, ne concédant à ses barons normands que les terres confisquées aux partisans d'Harold, Guillaume le Conquérant introduit en Angleterre le régime seigneurial français.
   Ce régime repose sur le principe, déjà appliqué avec succès en Normandie, de la dispersion de manoirs à travers toute l'Angleterre, dont Guillaume confie en fief l'exploitation à 1 500 seigneurs (anglais et normands), qui en perçoivent les redevances et y rendent la justice. Ainsi, Guillaume peut-il tout à la fois rétribuer les fidélités anciennes ou nouvelles, et bénéficier des avantages du système féodal (services d'ost, d'aide, de conseil, etc.), tout en empêchant la constitution de puissantes principautés territoriales. Par ce système, Guillaume devient, avec 1 422 manoirs, le premier propriétaire foncier d'Angleterre.
   Consignés en 1086 dans le Domesday Book, ou Livre du Jugement dernier, les résultats de cette réorganisation du territoire traduisent le souci du souverain de traiter les tenanciers sur un pied d'égalité, qu'ils soient anglais ou normands, et qu'il assujettit aux mêmes redevances (tel le danegeld, d'un rapport annuel de 20 000 livres).
   Guillaume le Conquérant, qui dispose, grâce à son domaine, de 50 000 à 60 000 livres de revenus annuels, apparaît comme l'un des souverains les plus riches de l'Occident. Cela lui permet d'infléchir dans le sens d'un renforcement du pouvoir royal les institutions anglaises, tout en respectant les traditions locales : maintien de la milice des centaines et des comtés auprès de l'armée féodale normande ; assimilation de la Curia regis à l'ancien Witenangemot anglo-saxon ; attribution, à partir de 1075, de l'administration locale dans chaque comté (shire) à des sheriffs analogues aux vicomtes du duché. Mais, bien que choisissant ceux-ci exclusivement parmi des Normands, Guillaume ne parvient pas à briser leur tendance à l'hérédité des charges.
   Guillaume dispose de l'appui de l'Église romaine qui le félicite de chasser les prélats indignes (l'archevêque Mauger à Rouen, l'archevêque Stigand à Canterbury) au profit de moines réformateurs, qu'il affranchit de la tutelle de l'aristocratie locale : Maurille, abbé de la Trinité de Fécamp ; Lanfranc, abbé italien du Bec-Hellouin, en Normandie. Reconnaissante de cette politique anti-nicolaïte et anti-simoniaque, précisée par de nombreux conciles (Winchester, 1072 ; Londres, 1075 ; Gloucester, 1080 et 1085), la papauté renonce à disputer au roi d'Angleterre l'investiture laïque des évêques.
   En fait, ne tolérant d'autre autorité que la sienne en Angleterre comme en Normandie, Guillaume jette les bases d'une puissante monarchie mi-continentale, mi-insulaire, que tout oppose à la monarchie capétienne, et contre laquelle elle engage dès 1074 un conflit multiséculaire. En 1078, le roi de France Philippe Ier accorde son soutien à Robert Courteheuse (fils révolté de Guilllaume) tandis qu'Odon (évêque de Bayeux et frère utérin de Guillaume), qui intrigue lui aussi, est arrêté et enfermé dans la tour du château de Rouen de 1082 à 1087. C'est au cours d'un raid de représailles contre la ville française de Mantes que Guillaume le Conquérant meurt, le jeudi 9 septembre 1087.

Sur les Traces de Guillaume le Conquérant :

Guillaume est né à Falaise, fils de Robert le Magnifique, (dit aussi Robert le diable), et d’Arlette (qui est la concubine de Robert). Cette naissance hors mariage lui vaudra d’ailleurs son premier nom : "Guillaume le Bâtard".
Alors que son père décide de s’embarquer pour les croisades, il est désigné officiellement, à l’âge de sept ans, comme le prétendant au trône, à la mort de son père, l’année suivante, son titre sera contesté par de nombreux autres prétendants, les Richardides, fils ou héritiers directs des précédents ducs de Normandie. Pendant plusieurs années, une "guerre de succession" faite de complots et conjurations fera rage et sera marquée par de nombreuses tentatives d’assassinat contre Guillaume et la mort de nombre de ses proches.
Face à ses complots multiples, Guillaume va chercher des alliés puissants pour asseoir son autorité ; il va notamment se tourner vers Henri 1er, roi de France, dont il est le vassal. Après plusieurs batailles il va ainsi renforcer son territoire et son autorité, sa puissance lui vaudra de plus en plus une certaine méfiance de la part de ses puissants voisins, notamment de son ancien allié le roi de France.
Un autre moment fort de son règne, est son mariage avec Mathilde (vers 1050 dans la région d Eu), et dont l’église s’opposa un temps pour des raisons de consanguinité et aussi pour des raisons politiques, Guillaume décidera de passer outre. Mathilde est la fille du comte de Flandre et Guillaume va donc trouver un allié de taille en la personne de ce puissant seigneur.
Si Guillaume est surtout connu aujourd’hui, c’est grâce à la conquête de l’Angleterre, et à la trahison d’Harold. Cette conquête est marquée par le débarquement de la flotte normande, composée d’environ un millier de bateaux, partis des plages de Dives sur Mer à Pevesey. L’armée était constituée d’environ 8000 hommes et de leurs montures ainsi que des provisions. La bataille d’Hastings, le 14 octobre 1066, marquera la victoire de Guillaume et de la cavalerie normande grâce à la mort d’Harold.
Guillaume meurt le 7 septembre 1087 aux alentours de Rouen et à sa demande expresse est inhumé à l’abbaye Saint Etienne de Caen.

ABBAYE AUX HOMMES

Sa construction débute en 1064 sur l’ordre de Guillaume le Conquérant. L’Abbaye bénédictine Saint Etienne fut consacrée en 1077. Guillaume le Conquérant y sera inhumé en 1087. Les bâtiments monastiques du XVIII è siècle, abritant le cloître, des salles lambrissées parées de tableaux et salle de garde sont aujourd’hui le siège de l’Hôtel de Ville.
Pour plus d’informations : www.ville-caen.fr

ABBAYE AUX DAMES

Sa construction fût décidée par la Reine Mathilde et s’échelonna de 1060 à 1080. En son cœur repose la Reine Mathilde, décédée en 1083. Les bâtiments conventuels sont reconstruits au XVIII è siècle, et sont depuis 1986, le siège du Conseil Régional de Basse Normandie.
Pour plus d’informations : www.ville-caen.fr

LE CHÂTEAU DES DUCS

Construit vers 1060 sur l’ordre de Guillaume le Conquérant, Le château Ducal de Caen est l’une des plus vastes enceintes fortifiées d’Europe. Tour à tour forteresse, caserne, et aujourd’hui carrefour culturel riche de monuments du Moyen Age, le château abrite le musée des Beaux Arts et le Musée de Normandie.
Pour plus d’informations : www.caen.fr/tourisme

LE CHÂTEAU DE GUILLAUME LE CONQUÉRANT

Situé à Falaise, c’est le lieu de naissance de Guillaume le Conquérant, né des amours de Robert le Magnifique (dit Robert le diable) et d’Arlette. Ce château médiéval est composé de deux donjons du XII è siècle et d’une tour carrée, ainsi que d’une enceinte.
Pour plus d’informations : www.chateau-guillaume-leconquerant.fr

LE MUSÉE DE LA TAPISSERIE DE LA REINE MATHILDE

Situé à Bayeux, ce musée détient une pièce unique au Monde, une broderie de laine sur toile réalisée au XI è siècle retraçant sur près de 70 mètres de long et 50 centimètre de large les circonstances et le déroulement de l’expédition en Angleterre de l’armée dirigée par Guillaume le Conquérant, en 1066 jusqu’à la bataille d’Hastings qui lui permit d’être couronné Roi d’Angleterre.
Pour plus d’informations : www.bayeux-tourism.com

LA COLONNE COMMÉMORATIVE DE DIVES SUR MER

Située sur la plage de Dives sur Mer, elle représente le point de départ de l’invasion de l’Angleterre par les 700 drakkars de Guillaume le Conquérant au cours de l’été 1066.
Pour plus d’informations : www.dives-sur-mer.com
SUR LES TRACES DE GUILLAUME LE CONQUÉRANT : Relais & Châteaux proches
Château d'Audrieu
Hôtel et restaurant à la campagne
Un grand voyage dans le temps : c’est ce que vous offre ce château classé monument historique. Le premier seigneur des lieux, le sieur de Percy, était aussi le cuisinier personnel de Guillaume le Conquérant. Mais le grand épisode historique à revivre dans les environs est la bataille de Normandie, qui changea le cours de la Seconde Guerre mondiale entre juin et août 1944. Le meilleur Relais & Châteaux pour fouler les plages du Débarquement ou partir à la découverte du Mont-Saint-Michel, c’est ici… ...Lire plus
 France, Audrieu
La Chaumière
Hôtel et restaurant en bord de mer
« On atteint plus vite le ciel en partant d’une chaumière que d’un palais », écrivait saint François d’Assise. Cette pensée deviendra vôtre quand vous aurez mis le pied dans ce petit arpent du Bon Dieu. Une cuisine de la mer exceptionnelle, des soleils qui se couchent sous votre fenêtre et enflamment l’océan, le petit port de Honfleur à deux pas… Pour les amateurs de longues balades à cheval et les collectionneurs d’instants romantiques. ...Lire plus
 France, Honfleur
La Ferme Saint-Siméon
Hôtel et restaurant en bord de mer
C’est par ce soupir que le peintre Eugène Boudin exprima son amour des lieux dans un de ses carnets. Avec son charme bucolique et ses lumières délavées, La Ferme Saint-Siméon était un des refuges préférés des impressionnistes. Monet et Courbet venaient y chercher des couleurs. Délaissant le spleen de Paris pour le petit port de Honfleur, le poète Baudelaire y chercha lui aussi son inspiration. Restaurée, elle offre aujourd’hui un espace spa et beauté digne des thermes romains. « Oh Saint-Siméon ! », qu’il est dur de repartir… ...Lire plus
 France, Honfleur